Aujourd’hui je vous emmène vers l’âge d’or des comédies musicales hollywoodiennes où une photo s’impose immédiatement : un homme souriant, suspendu à un lampadaire sous la pluie, chantant nonchalamment. Cet homme, c’est Gene Kelly.Acteur, danseur, chanteur, réalisateur et chorégraphe de génie qui a révolutionné la danse à l’écran et est décédé il y a tout juste 30 ans cette année.
De Pittsburgh aux scènes de Broadway
Né en 1912 à Pittsburgh, en Pennsylvanie, Eugene Curran Kelly (le nom civil de Gene Kelly) ne se destine pas initialement à la danse. Durant sa jeunesse, il se passionne surtout pour le sport et le football américain. Poussé par sa mère qui inscrit toute la fratrie à des cours de danse, il commence par rechigner avant de se découvrir une véritable fascination pour les arts de la scène.
Gene Kelly jeune
Après des études d’économie, la Grande Dépression frappe sa famille. Pour gagner sa vie, il enseigne la danse et monte des spectacles locaux. Son énergie communicative le pousse rapidement vers New York. Il fait ses débuts à Broadway à la fin des années 1930, avant d’exploser littéralement en 1940 dans le premier de la comédie musicale Pal Joey.C’est le passeport idéal pour Hollywood, qui lui tend les bras.
Un style ancré dans le sol
Gene Kelly et Fred Astaire
Pour bien comprendre la singularité de Gene Kelly, il faut le comparer à son grand contemporain, Fred Astaire.
Fred Astaire incarnait l’élégance suprême, le dandy aérien en queue-de-pie qui semblait flotter au-dessus du sol, héritier direct de la grande tradition du vaudeville. Pour davantage de détails, vous pouvez lire l’article que je lui ai consacré il y a quelques mois dans ce blog.
Gene Kelly,quant à lui, était l’athlète terrien. Il a démocratisé un style plus populaire, vigoureux et ancré dans la réalité. Ses claquettes puisaient autant dans le folklore irlandais que dans le jazz, la danse moderne et le ballet classique.
Gene Kelly voulait que la danse exprime des émotions quotidiennes : la colère, la joie simple d’un ouvrier ou la fougue d’un marin en goguette. C’est lui qui a fait entrer la danse moderne et athlétique dans les studios de cinéma.
Ses partenaires
Tout au long de sa carrière, Gene Kelly a partagé l’affiche avec les plus grandes étoiles de son époque, créant une alchimie magique à chaque film :
Cyd Charisse, sublime partenaire au port altier avec qui il partage un ballet mémorable dans Un Américain à Paris (1951).
Leslie Caron, qu’il découvre et propulse au rang de star internationale dans ce même film.
Judy Garland, amie de longue date et complice de talent dans des films comme Le Pirate (1947).
Rita Hayworth, à ses côtés dans l’inoubliable Reine de Broadway (1944).
Cyd Charisse et Gene Kelly
Ses films à succès
Parmi ses plus grands triomphes au box-office américain, impossible de ne pas citer Un jour à New York (1949). Mais son chef-d’œuvre absolu reste sans conteste Chantons sous la pluie (1952), coréalisé avec Stanley Donen. Ce film, qui brocarde avec tendresse le passage du cinéma muet au parlant à Hollywood, regorge de morceaux de bravoure, à commencer par le numéro éponyme où Gene Kelly, trempé jusqu’aux os, utilise son parapluie comme accessoire de danse pour exprimer le comble du bonheur amoureux.
Chantons sous la pluie : Gene Kelly
Je vous propose de revoir un extrait légendaire de cette séquence mythique de Chantons sous la pluie :
Parmi les audaces techniques les plus marquantes de sa filmographie, Gene Kelly a sans cesse cherché à repousser les frontières de l’immersion.Dans le film Escale à Hollywood (Anchors Aweigh, 1945), il signe l’un des duos les plus surprenants de l’histoire du 7e art en partageant l’écran avec Jerry la souris (de la célèbre série animée Tom et Jerry).
Gene Kelly et Jerry
Initialement, les studios MGM avaient approché Walt Disney pour emprunter Mickey Mouse, mais face au refus de ce dernier, Gene Kelly s’est tourné vers les animateurs William Hanna et Joseph Barbera bien connus pour de nombreux dessins animés courts à l’époque.Pour réaliser cette séquence où le marin américain danse en parfaite harmonie avec le petit rongeur sur le « Worry Song », il a fallu plus d’un an de travail minutieux en post-production.Gene Kelly a dû danser seul face à un sol quadrillé et des repères, calant ses mouvements au millimètre près avant que les équipes ne dessinent et superposent l’animation image par image grâce à la technique de la rotoscopie. Le résultat demeure une merveille d’inventivité et de poésie enfantine.
Je vous propose de revoir ce numéro d’animation et de danse inédit à l’époque :
Les ballets oniriques
Gene Kelly ne se contentait pas de enchaîner les chansons rythmées ; il a profondément transformé la structure narrative des comédies musicales en y introduisant de vastes fresques dansées. Convaincu que la danse pouvait exprimer ce que les dialogues ne parvenaient plus à dire, il a imposé des ballets oniriques d’une grande ambition artistique au cœur de ses films.
Le sommet de cette démarche s’observe dans le final monumental d’Un Américain à Paris, un ballet de près de dix minutes entièrement sans dialogues. S’inspirant des grands peintres impressionnistes et post-impressionnistes français comme Dufy, Renoir, Van Gogh ou Toulouse-Lautrec, ce voyage visuel et sensoriel plonge le spectateur dans un Paris rêvé, aux décors changeants et somptueux, où Kelly et Cyd Charisse racontent une histoire d’amour purement par le mouvement et la musique de George Gershwin. Ce pari audacieux, risqué pour les studios de l’époque, a non seulement conquis le public, mais a aussi ouvert la voie à une écriture cinématographique beaucoup plus poétique.
Gene Kelly et Leslie Caron dans Un Américain à Paris
Les demoiselles de Rochefort en France
Gene Kelly vouait un amour profond à la culture française et à Paris, qu’il considérait comme une source d’inspiration inépuisable. Cet attachement l’a conduit à participer à l’un des joyaux du cinéma français : Les Demoiselles de Rochefort (1967), réalisé par Jacques Demy, avec une partition magistrale signée Michel Legrand.
Dans ce film musical multicolore tourné en plein air, il interprète le rôle d’Andy Miller, un musicien américain de passage. Il y danse et y joue en français (doublé pour les chansons, mais s’exprimant lui-même dans les dialogues en français) aux côtés de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Sa présence est un pont magnifique entre Hollywood et la French Musical Touch.
Découvrez l’ambiance unique de sa participation dans le film Les demoiselles de Rochefort :
Un héritage éternel
Disparu en 1996 à l’âge de 83 ans, Gene Kelly a laissé derrière lui une empreinte indélébile. Il a prouvé que la danse au cinéma n’était pas un simple numéro de remplissage, mais un outil narratif à part entière, capable de faire avancer l’histoire et de toucher le cœur des spectateurs du monde entier.
Aujourd’hui je vous propose de chausser nos bottes et nos chapeaux (même si cela fait cliché) et de nous plonger dans l’univers des danses à deux du monde country western dont le two-step et le country swing.
Country Line Dance
Si on vous parle de danse country, vous imaginez sans doute de longues rangées de danseurs alignés qui font les mêmes pas en même temps. C’est la country line dance ou encore danse en ligne country en français. Certains font la différence entre la line dance tout court et la danse country en ligne, mais nous n’entrerons pas dans ce débat dans cet article. En revanche, saviez-vous que la culture country comprend aussi un vrai ensemble de danses en couple, improvisées ou non et pleines d’énergie ?
Pour ceux qui aiment la danse en couple, habitués au rythme du rock’n’roll, à l’énergie du lindy hop ou à la sensualité de la salsa, les danses de couple western offrent un terrain de jeu fascinant. Partons ensemble sur les pistes de danse pour découvrir toute la richesse de ce répertoire.
Bal Country
Si vous observez ce qu’il se passe dans un bal country, vous verrez bien sûr des personnes danser les même pas en ligne et en rythme au centre de la piste. Mais vous remarquez aussi sur certains titre des couples qui tournent autour de la piste en dansant d’une manière complètement différente. Dans certains cas, la chorégraphie est la même pour tous les couples (c’est une partner dance, une danse codifiée à la chorégraphie répétitive comme El Paso ou Cowboy Cha-cha qu’on voit souvent danser dans les bals country français en ce moment), dans d’autres cas chaque couple danse un enchaînement différent des autres (c’est probablement du two-step).
1. Deux danses improvisées à la mode : two-step et country swing
Je vous propose de voir en particulier deux danses à deux les plus dansées en improvisation dans les bals country.
Le country two-step (ou Texas two-step)
Danseurs de Two Step
Ses origines remontent au début du XXe siècle. Cette danse est issue du foxtrot et des danses de salon européennes amenées par les migrants. D’ailleurs le rythme des pas du two-step est similaire à celui du foxtrot, à la différence qu’il se font sur de la musique country western. Le pas de base suit un rythme en séquence : quick, quick, slow, slow (vite, vite, lent, lent) où la durée d’un « slow » vaut celle de deux « quick ». Sur ce rythme (et les variantes correspondant à certaines figures), la progression se fait le long du bord de la piste, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Le danseur guide la danse et propose des variations et figures à sa danseuse qui le suit.
Je vous propose en exemple un extrait vidéo du film « Urban cowboy » avec John Travolta. C’est le film essentiel qui a donné un coup de pouce à l’émergence de la danse country dans les années 1980. Un must à voir pour les amateurs de danse country. Décidement, John Travolta est dans tous les univers : disco, années 1960 et même country !
Le country swing
Grand porté Country Swing
C’est une version moins technique des danses swing américaines comme le West Coast swing ou le lindy hop. Le country swing met l’accent sur l’interaction, les portés, les tombés, les renversés et une connexion très détendue. Ce qui en fait une danse visuelle parsemée de « tricks » et moments spectaculaires au point que certains en oublient qu’il y a un pas de base. Contrairement au two-step, le country swing est une danse plutôt stationnaire (les partenaires restent sur un espace de danse limité sans ligne de danse) et les musiques country utilisées ne peuvent pas être trop rapides. La rythmique de base ressemble un peu à la salsa en plaçant le « lent » au début de la séquence : slow, quick, quick (lent, vite, vite).
Je vous propose en exemple visuel une vidéo d’un couple qui danse en extérieur. J’avoue que j’ai du mal à trouver des vidéos où la technique est visible au niveau des pieds. C’est l’un des défauts de l’émergence de la danse à deux country swing : les jeunes danseurs actuels se focalisent davantage sur l’aspect visuel du haut du corps en oubliant la technique et la rythmique associées aux pieds…
2. Autres danses proches du monde country western
La famille des danses de couple connue des amateurs de country western est large. Elle convient à toutes les ambiances et à tous les tempos. Voici les autres styles principaux à découvrir :
Le West Coast Swing (WCS)
Même s’il se danse aujourd’hui sur des styles musicaux très variés comme la pop, le R&B ou le blues, il garde une place importante dans les grands festivals country internationaux. Contrairement au country swing, on le danse sur une ligne de danse mais de manière stationnaire tout de même. Son style est élastique, fluide et très technique, suivant de près les variations de la musique dans une interprétation à deux.
La valse country (country waltz)
Avec un rythme en 3 temps comme toutes les formes de valse, la valse country reprend la valse classique avec une touche plus simple et chaleureuse. La posture est souvent plus ouverte et détendue qu’en danse sportive, un peu comme l’American Waltz. Elle garde cependant le mouvement circulaire fluide autour de la piste. Cette danse permet de glisser comme en apesanteur sur les morceaux les plus mélodieux.
Le nightclub two-step (two-step de boîte de nuit)
Créée dans les années 1960 par Buddy Schwimmer, cette danse de couple convient parfaitement aux ballades country lentes et romantiques. Sa structure en quick-quick-slow et son déhanchement subtil vont avec de grands mouvements de bras.
La polka country
Plus vive et sautillante, elle impressionne sur les rythmes rapides. Elle se danse comme la polka d’origine polonaise, mais sur de la musique country. Un rythme rapide à deux temps, avec un rebond prononcé et des pas chassés. C’est la vraie image de la fête de village américain. Elle transmet une énergie qui se partage facilement.
3. Cohabitation sur la piste et musique
Ces danses se font dans les country dance halls (salles de danse country aux États-Unis), les bals country et les festivals. Les danseurs de two-step, de valse et de nightclub two-step prennent les couloirs extérieurs. Ils se déplacent en cercle. Les adeptes de swing choisissent les espaces plus fixes ou ouverts pour montrer leur créativité. En général, les danseurs de country line dance occupent le milieu de la piste avec parfois déjà plusieurs zones correspondant aux différentes chorégraphies et niveaux qu’il est possible de danser sur la musique en cours.
On danse ces styles sur différentes musiques selon le genre. On peut danse le two-step sur « Chattahoochee » de Alan Jackson, on peut danser le country swing sur « House Party » de Sam Hunt, le nightclub two-step peut se faire sur « Amazed » de Lonestar et la valse country au son de « Strawberry Wine » de Deana Carter.
Conclusion
L’univers de la danse country ne consiste pas seulement à enchaîner des pas tous alignés en silence. C’est un vrai terrain de jeu où chaque danseur, qu’il aime la valse, le foxtrot ou le swing, peut s’exprimer et cohabiter sur la piste de danse avec les autres avec ou sans chapeau sur la tête !
Premier programme américain de variétés visant principalement le public noir, l’émission Soul Train a été présentée par Don Cornelius dès ses débuts aux États-Unis en 1971. Si j’ai décidé de vous parler de cette émission de télévision qui n’existe plus (le dernier épisode a été produit en 2006) c’est que les danseurs y tenaient une place particulièrement importante et j’en profite pour vous parler de la danse disco qui y tenait particulièrement la vedette.
La fièvre du samedi soir – Travolta
Lorsque l’on évoque l’époque disco des années 1970, une image emblématique vient immédiatement à l’esprit : celle de danseurs énergiques, vêtus de tenues étincelantes ou en costume plutôt chic, se déhanchant avec grâce et dynamisme sur des rythmes entraînants dans le scintillement de boules disco. La première référence qui nous vient à l’esprit est le film de 1977 « La fièvre du samedi soir » avec John Travolta avec ses chorégraphies dont certains mouvements sont passés dans la culture populaire.
La danse disco
La montée de la musique disco a coïncidé avec un désir croissant de liberté et d’expression, en particulier parmi les communautés marginalisées. La danse disco est devenue le véhicule parfait pour cette expression, offrant un espace où les gens pouvaient laisser libre cours à leur créativité et à leur individualité. Les pistes de danse sont devenues des lieux de célébration où les différences étaient mises de côté au profit de la musique et du mouvement.
La danse disco est un style de danse qui s’est développé dans les années 1970 en parallèle avec la montée de la musique disco. Elle est étroitement associée à la culture disco qui était populaire dans les boîtes de nuit et les discothèques de l’époque. La danse disco est caractérisée par des mouvements alternant dynamique, fluidité et rythme, souvent exécutés en couple ou en groupe sur les pistes de danse des discothèques (littéralement « là où l’on trouve de la musique disco en continu ») illuminées par des lumières stroboscopiques. De nombreux groupes et chanteurs noirs américains étaient mis en avant dans cette vague disco des années 1970 jusque vers 1985, d’où ce fameux cliché de la perruque afro quand certains veulent se déguiser en danseur disco de l’époque. Mais il y avait aussi des chanteurs blancs et chanter ne voulait pas forcément dire danser…
Cours de danse disco dans les années 1970
Les pas de danse disco sont généralement simples et accessibles à tous, ce qui a contribué à sa popularité massive. Parmi les mouvements emblématiques de la danse disco en solo, on trouve le skate, le basic step-tap, le disco finger de Travolta, le funky chicken (retrouvé dans une chanson de Tom Jones), le double arm swing et bien d’autres.
Cours de danse disco dans les années 1970
Les mouvements étaient à la base souvent improvisés et permettaient aux danseurs d’exprimer leur créativité et leur individualité sur la piste de danse. Certains d’entre eux on gagné en popularité et se sont vus attribuer un nom afin d’être reproduits. La transmission se faisait lors de soirées dansantes en discothèque (directement en regardant) ou dans des cours dédiés à ce style souvent dispensés avant une soirée disco, mais parfois aussi dans des cours en école (cf. vidéo plus bas).
Danseurs disco à Toronto dans les années 1970
La danse disco était également influencée par d’autres styles de danse populaires de l’époque, tels que le rock’n’roll, le swing, le funk, etc. Cela lui conférait une grande variété de mouvements et de styles. Il est à noter que le disco se dansait beaucoup en solo, mais aussi à deux (on appelle cela le hustle ou le discofox) ou en groupe (danses en ligne comme le « Bus Stop » ou la « Night Fever Line Dance » de Travolta dans le film cité plus haut). Les vêtements portés par les danseurs étaient également caractéristiques de l’époque disco, avec des tenues étincelantes, des paillettes, des tenues parfois proches de tenues de sport, des pantalons à pattes d’éléphant et autres chaussures à plateforme.
Une vidéo est devenue célèbre sur Internet, présentant un cours de disco en solo donné par le Finlandais Arthur Åke Blomqvist avec sa femme Wendy en 1978. L’homme est à l’origine un professeur de danse de salon connu, ce qui explique aussi son style de danse et sa manière d’amener le sujet paraissant aujourd’hui très kitsch.
Au-delà de ses aspects purement esthétiques, comme d’autres formes de danse avant elle (le swing par exemple), la danse disco était également un moyen de célébrer la musique et de se connecter avec les autres sur la piste de danse. Elle représentait un symbole de liberté, d’expression et d’évasion, offrant un espace où les gens pouvaient laisser derrière eux leurs soucis et leurs préoccupations et se perdre dans la musique et le mouvement. Aujourd’hui, la danse disco continue d’être célébrée et revisitée à travers le monde, rappelant l’héritage vivant de cette époque de musique et de danse exaltante.
L’émission culte « Soul Train »
Soul Train, le logo
Au cœur de cette révolution musicale et culturelle se trouve aussi une émission de télévision culte pour les amateurs de disco aux États-Unis : « Soul Train ». Cette émission a joué un rôle crucial dans la popularisation de la danse disco et a contribué à façonner toute une génération de danseurs et de spectateurs du genre. Créée et présentée par Don Cornelius en 1971, « Soul Train » était à l’origine une émission de télévision destinée à mettre en valeur la musique soul et R&B. Diffusée à l’échelle nationale des États-Unis, « Soul Train » est rapidement devenue un phénomène culturel majeur, offrant une plateforme sans précédent aux artistes afro-américains et à la musique noire en général (des blancs apparaissaient aussi évidemment). Mais au-delà de la musique, « Soul Train » est devenue célèbre pour son impact sur la danse en particulier dans le style disco.
Le public dansant de Soul Train
Le principe de « Soul Train » était que chaque épisode de l’émission mettait en vedette des performances musicales en direct, accompagnées de séquences de danse où des jeunes talentueux montraient leurs meilleurs mouvements sur la piste de danse. Cela s’était déjà fait dans les années 1960 avec les émissions en noir et blanc pour teenagers (voyez le film « Hairspray » pour en avoir une idée) et on a pu donc voir un retour à l’écran de cette approche. Grâce à l’émission, des danseurs amateurs ont pu toucher un large public et contribuer à populariser la danse disco bien au-delà des boîtes de nuit et des discothèques. Ces séquences de danse sont devenues aussi populaires que les performances musicales elles-mêmes, attirant des millions de téléspectateurs chaque semaine.
Les Village People dans Soul Train en 1979
Dans chaque émission, des artistes connus ou en devenir pouvaient chanter leur chanson alors que le public dansait. Toutes les célébrités du moment y passaient, comme par exemple Little richard, Elton John, Patti LaBelle, James Brown, Nina Simone ainsi que de nombreuses icônes du disco comme les Village People chantant leur tube « YMCA » en 1979 (cf. photo).
Mon moment préféré de cette émission, et probablement de nombreux autres spectateurs de l’époque, était le défilé des danseurs façon « stroll » des années 1960 sur la chanson des Diamonds (cf. vidéo ci-dessous).
La différence par rapport au stroll de leur aïeux qui est une danse aux pas chorégraphiés, c’est que chaque danseur défilant dans l’espace entre les autres danseurs n’avait que quelques secondes pour montrer ses meilleurs mouvement et ainsi briller face caméra comme le montre la vidéo ci-après en 1974.
Conclusion
« Soul Train » et la danse disco restent des symboles de l’énergie, de la créativité et de l’unité qui ont caractérisé les années 1970. En réunissant la musique et la danse, « Soul Train » a capturé l’esprit d’une époque et laissé un héritage indélébile dans l’histoire de la télévision et de la culture afro-américaine d’autant plus que l’émission a contribué à faire émerger des danseurs de talent qui sont devenus des icônes de la danse comme Don Campbell, Jody Watley ou encore Jeffrey Daniel. De même, la danse disco a influencé de nombreux genres musicaux et styles de danse, allant de la pop au hip-hop en passant par la house music.